Comment savoir dire non

Bonjour,

Savez-vous dire non ?

savoirdirenonA force de ne pas vouloir blesser, d’être trop gentille, de vouloir plaire à tout le monde, j’en étais venue au point de faire passer en permanence mes désirs après ceux des autres, et de les laisser profiter de moi. Lorsque je refusais quelque chose, je me sentais coupable, mal à l’aise. C’était un comportement nocif pour moi, surtout au point de vue professionnel. Une fois ce comportement ancré en nous, il peut paraître difficile de faire marche arrière.
Soyons réalistes : le monde ne s’écroulera pas si nous ne contentons pas tout le monde. Ne nous forçons pas à réaliser des désirs, si cela implique un quelconque désagrément à notre égard. Ne dites « oui » que si vous le ressentez réellement. Si la personne vous en veut ou vous délaisse parce que vous lui dite non, soit ce n’est pas une bonne relation, soit elle comprendra plus tard. Essayez d’être plus conscient de vous-même, respectez-vous. Si vous décidez de changer, faites le pour vous même.


Ne jugeons jamais notre propre valeur sur la quantité de choses que nous arrivons à réaliser pour d’autres personnes. C’est bien de vouloir aider les autres, mais nous devons le faire « si » nous le voulons et le pouvons, et pas parce que nous pensons « devoir » le faire. Le meilleur acte de gentillesse sera celui que nous aurons fait par choix, et pas par peur ou culpabilité. Si nous le faisons pour ne pas nous sentir mal, notre acte sera t’il authentique ? Est-ce nous aimerions être aidés dans ces mêmes conditions ?
Savoir dire non à été un vrai challenge pour moi, mais en le faisant, j’ai appris à me dire oui à moi-même. Savoir se dire oui est une obligation dans notre parcours d’épanouissement personnel. Malgré notre perception du refus comme un acte égoïste, un manque de considération envers l’autre ou pire, comme un acte de malveillance, nous devons réaliser qu’il n’est pas interdit de dire non, que cela ne fait pas de nous une mauvaise personne. Il est primordial d’agir en notre âme et conscience si nous voulons restaurer l’estime que nous devons à notre propre personne.

Je vous propose de voir ensemble comment y arriver.

1) Quelles sont les raisons qui nous poussent à agir de la sorte ? Plusieurs facteurs sont nonrecensés comme étant à l’origine de cette difficulté à dire non : une éducation familiale ou religieuse culpabilisante, un vécu expliquant notre peur de ne pas être aimé, d’être jugé, notre crainte des conflits, de l’autorité parentale. Avons nous été élevés dans un environnement dans lequel nos besoins, nos sentiments étaient mis de côté, ignorés ? Peut-être qu’on attendait de nous une sorte de soumission, sans laquelle aucune réponse positive n’était possible ? Avons nous peur de la manipulation ou de l’agressivité de nos interlocuteurs ?…En identifiant et comprenant les origines de notre comportement, nous nous comprendrons mieux. Cela va nous permettre de mieux lutter contre notre tendance à toujours dire oui, qui ouvre la porte aux autres pour mieux abuser de nous. Et ne nous leurrons pas, non seulement nous ne sommes pas jugés à notre vraie valeur, mais juste au nombre de choses qu’on fait pour eux.
Après avoir compris d’où nous viennent nos craintes, posons nous cette question : ces craintes sont’elles réalistes ? Les conséquences de notre refus sont-elles vraiment si terribles ? Si notre réponse est non, il est temps d’ouvrir les portes de notre prison et d’en sortir. (Parfois, ces craintes peuvent être justifiées, et dans ce cas, il faut se faire aider par des spécialistes ou des organisations).

2) Préparons nous à dire non. 95ff6372Dans notre marche vers le changement, notre entourage, habitué à notre soumission, sera t’il prêt à accepter ce changement ? Si ce sont des personnes aimantes, elles accepteront nos besoins et s’habitueront. Sinon, en cas de personnes abusives, désirons nous vraiment les garder dans notre vie ?

Il nous faut savoir gardez un équilibre dans nos relations. Bien qu’il ne soit pas bon de se sentir « pris au piège », il n’est pas mieux de se transformer en égoïste. Il n’est pas question de ne plus écouter les autres, car leur désirs comptent autant que les nôtres.
On peut dire oui, la limite étant celle que nous allons nous fixer par rapport aux autres. Ce qui nous paraît acceptable et ce qui ne l’est pas. Si nous acceptons, est-ce que nous serons jugés avec respect et dignité ? Est-ce que cette demande est normale, tolérable ? En analysant la demande, mesurons ce que nous pouvons faire, et ce que nous ne devrions pas faire. Face aux demandes, identifions nos limites acceptables, et apprenons à ne pas les transgresser. Avant de donner une réponse, posons nous cette question : j’ai envie de dire oui ou de dire non ? Est ce que cette demande me paraît agréable ou désagréable ?can-stock-photo_csp5564517 Est ce que je ressens de la joie, de la tristesse, ou plutôt du stress, de l’irritation, comme un malaise ? une boule au ventre ? Est ce que j’ai serré les dents, fermé les poings, ai-je pincé les lèvres, soupiré ? En étant attentif et en nous familiarisant à nos réactions, nous allons savoir plus rapidement quelle serait notre bonne réponse. Et apprendre à dire non à une demande qui dépasse le seuil que nous nous sommes fixé.

Mais il y a toujours cette crainte de perdre quelque chose en réponse à notre non. Nous allons la pulvériser.

Mettons nous en situation : ma voisine me demande de lui prêter ma voiture. je n’en pas envie, mais si je refuse, elle va se dire que je ne suis pas serviable. Et ensuite ? alors elle va en parler aux autres voisins. Et ensuite ? alors eux aussi se diront la même chose, et on ne me demandera plus rien. Et ensuite ? plus personne ne viendra me voir. Et ensuite ? je serrai seul(e), je me sentirai rejeté(e)…et je ne veux pas ça.

Cette réflexion donne la preuve que nos peurs sont totalement disproportionnées face à la réalité, et en fait ressortir la cause, qui dans cet exemple est celle d’être seul(e) et rejeté(e). 9d7b01ac2b0ea40d74a4fe5110bf5e3aNous pouvons alors dire : c’est ma peur, et la rejeter. Une fois cette cause reconnue, je peux l’échanger contre une pensée qui va me permettre de dire non : si je suis rejetée, au fond, c’est que cette voisine n’est pas une amie, ou j’ai le droit de me respecter, car ma voiture n’est pas assurée pour un deuxième conducteur, ou ce n’est pas un problème si tout le monde ne m’aime pas tout le temps. Savoir évaluer les conséquences de notre non et ses risques réels nous permet de rationaliser, et dire soit un oui franc qui ne nous contrariera pas, soit un non qui nous permettra de nous respecter. Et est ce qu’on ne nous a jamais dit non à nous ? Comment avons nous réagi ? est ce que nous avons systématiquement été vexé, déçu ? est ce que nous avons jugé le refus de l’autre ? est ce que nous avons cessé de fréquenté cette personne à cause de ce refus ?

3) Dire non. Il est très important de savoir formuler notre non, pour que d’une part il ne soit pas ressenti comme un affront et que d’autre part nous puissions le vivre sereinement comme l’expression de notre liberté légitime.
Sachons dire non avec franchise et détermination. Ne cherchons ni excuses ni explications qui compliqueraient la situation, en trahissant nos doutes et nos hésitations. Prenons l’habitude de dire non en assumant notre choix, c’est le meilleur moyen d’apaiser notre conscience.
Avant de dire non, prenons le temps de poser des questions sur la demande : précisions, urgence, enjeux… reformulons la demande, validons notre compréhension, et exprimons notre refus, toujours sans nous excuser. par exemple : donc, tu as besoin de …je comprends l’urgence, mais je ne peux pas.
Nous pouvons cependant appuyer notre bonne foi en proposant une alternative. Par exemple en proposant un report de l’exécution la tâche demandée si c’est le temps qui nous manque. Ou en proposant telle ou telle personne capable et disponible. Disons le avec des phrases positives : je comprends ton besoin, je dois te dire non, mais une solution serait de… Mais nous n’avons pas à nous sentir responsable de l’accomplissement de cette tâche.

4) Derniers conseils. Alors que nous-mêmes avons peur de changer, nous devons comprendre que les autres puissent être déstabilisés par notre changement et ne pas smiley20qui20rc3a9flc3a9chicomprendre que nos refus s’adressent autant à nous qu’à eux. Soyons patients, tout comme nous avons compris que nous ne risquions rien en changeant, les autres le comprendront en leur temps.
Alors je sais, parfois, nous avons à faire à des personnes insistantes, ou au chantage affectif. Dans ces cas là, il faudra faire preuve de beaucoup, beaucoup, de patience.

Apprendre à dire non, c’est aussi apprendre à choisir. Dans la pratique c’est tous les jours que nous devons affirmer nos désirs personnels, quelque soit le sujet ou la situation : choix des habits, du repas, de la destination de promenade, du film au cinéma… Pas pour avoir toujours le dernier mot, mais pour donner son avis, faire savoir ce qui nous plaît, et au final mieux se connaître.

En ce qui concerne le domaine professionnel, et les habitudes que nous avons nous-mêmes engendrées par notre attitude soumise, ce changement doit être subtil, surtout si nous tenons à notre poste. Attention à ne pas perdre le sens du respect et la conscience professionnelle.
Le fait de savoir dire non ne veut pas dire en abuser.

Bon changement à tous…

Liliane CALISTE

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