Hygiène dentaire au cours des âges – 2. Antiquité

Bonjour,

Aujourd’hui la deuxième partie de l’histoire des soins dentaires au cours des âges. grâce à cette recherche, je me suis rendue compte que le dentifrice existe depuis bien plus longtemps que je ne le pensais, et que l’importance d’une bouche bien saine n’est pas une préoccupation spécifique à notre époque moderne.

Nous nous lavons les dents trois fois par jour, et nous battons avec nos enfants pour qu’ils fassent de même, suivant les principes d’hygiène de notre temps. Nous allons dans la salle de bains, saisissons brosse à dent et dentifrice, et c’est parti pour trois minutes minimum. C’est aussi simple que ça.

Comment faisaient nos lointains ancêtres ? Quelles étaient leurs habitudes et de quels moyens disposaient-ils pour se « laver les dents » et conserver une bouche saine ?

Précédemment, nous avons eu un aperçu du peu de moyen dont on disposaient à la préhistoire concernant les soins dentaires (ou du moins du peu de traces qu’il en reste).
Nous allons faire un petit saut dans le temps, de la préhistoire jusqu’à la période dite de « l’Antiquité ». L’histoire témoigne non seulement de l’évolution des techniques de soins, mais également des besoins grandissant de l’homme pour sa santé dentaire, face au profond changement de son régime alimentaire par la sédentarisation.

Nous verrons une étonnante diversité des moyens employés. Certains vous paraîtront curieux, étonnants, insensés, et même dégoûtants. Mais bon, la fin justifiant les moyens … partons voir ce que faisaient nos ancêtres et quelles étaient leurs incroyables découvertes pour des bouches propres et saines. Si, si, tous n’étaient pas comme Jacquouille la fripouille. OK ?

Antiquité : 3 500 environ av. J-C et 450 env. ap. J-C (dates symboliques relatives à une civilisation ou une nation)

Dans le livre que l’on suppose écrit par Houang Ty, « l’Empereur jaune », père fondateur présumé du taoïsme, (2 697 / 2 597 ans av. J-C), se trouvent deux chapitres consacrés aux maladies des dents et gencives. Pour soigner ces maladies, l’auteur prône les vertus de l’urine d’enfant. Pour blanchir les dents, il indique falloir utiliser une poudre faite à base de musc et de gingembre. C’est sous l’autorité de Houang Ty qu’a été signée la consécration officielle de l’acupuncture.

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HOUANG TI – L’EMPEREUR JAUNE

Cette utilisation de l’urine sera répandue également dans l’antiquité romaine où l’urine ibérique (espagnole) était considérée comme curative des maux de dents jusqu’au 18ème siècle ! Mais qu’à donc de si particulier l’urine espagnole pour qu’on en ai fait le commerce pendant des siècles pour se rincer la bouche ? Peut-être une étude à faire…si ça tente quelqu’un ?

Notons tout de même que certaines propriétés sont reconnues à l’urine : action calmante, cicatrisante, blanchissante, émolliente. Les Chinois les premiers ont su en reconnaître les multiples usages et les utiliser.

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Papyrus d’Ebers

L’égyptologue Ebers, vers 1860, lors de fouilles clandestines à Thèbes, dans la nécropole de Ramsès II en 1860, mis au jour un papyrus qui pris son nom, le papyrus d’Ebers. Celui-ci, daté d’environ 1 550 ans av J.C., (ce qui correspond à au début du nouvel empire, qui vit le règne d’Akhenaton, premier pharaon a prôner le culte d’un Dieu unique) donne la liste des signes pathologiques qu’un médecin Égyptien rencontre dans son exercice quotidien.
Il s’agit là d’un document important, retraçant la pensée médicale de l’époque.
On y parle d’ une recette de dentifrice utilisée il y a presque 4 000 ans en Egypte. Il s’agit d’un mélange de poudre de fruits de palmier, de miel et de terre de plomb verte.
Plus tard, les Égyptiennes utilisèrent des poudres faites de charbons d’acacia, poudres qu’elles appliquaient avec leur doigts.
Au cours des siècles, le mélange évolua, pour se présenter sous la forme d’une mixture faite de sel, de poivre, de menthe et de fleurs séchées. Cette poudre était mélangée avec un peu d’eau, et la pâte obtenue était frottée sur les dents à l’aide d’un roseau.
Les prêtres, quant à eux, en plus des incantations, se lavaient plusieurs fois par jour, et ajoutaient un sel du nom de Bed à l’eau de leur rince bouche pour l’aseptiser.
Il existait également des sortes de pâtes à mâcher et recracher, faites de poudre de pierre, de diverses plantes dont la cardamome, de pulpe de datte et d’autres plantes à essence.

 

Progressivement, la médecine va passer du domaine des mythes vers celui d’une philosophie médicale avec des règles. Dans cette nouvelle médecine, les pathologies dentaires sont souvent regardées comme l’œuvre de la lutte entre dieux et démons (Mésopotamie, Egypte, Maya et Chine).

dent-ivoire-sculptureLa croyance du ver responsable des caries est encore vivace, les plantes médicinales commencent à être utilisées pour le traitement de problème. A la même époque, les hindous utilisent le Cannabis (Chanvre indien) et la jusquiame comme anesthésiant dans les interventions en bouche (enfin !). Parmi ces plantes traitant le mal aux dents, l’erythroxylum coca étaient utilisés par les incas.

En chine, on utilise des excréments de chauve-souris pour les obturations dentaires, et contre les douleurs de dents, on place dans l’oreille opposée à la douleur de l’ail pulvérisé. A essayer lors d’une rage de dents quand aucun dentiste n’est disponible !

Est-ce que vous êtes toujours avec moi ?

Étrurie : dès – 700 ans av J-C, les Étrusques nous livrent les premières prothèses dentaires, dans les tombeaux de Tarquinia (VII au IV siècle avant J.-C.) et ce qu’on appelle « mainteneurs d’espaces ». Fabriqués en or, il y a de quoi être étonnés par leur modernité !

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500 ans av J-C, Hérodote mentionne des « médecins des dents ».

En Egypte, on fait les premiers « plombages » : obturations à base de terre de Nubie, de Silicate de cuivre hydraté, d’éclats de pierre ou de blocs en or massif !

D’après les auteurs arabes et Hérodote, les Égyptiens, chaque mois, avaient pour habitude de mâcher une souris entière ou le cœur d’un serpent afin de prévenir le mal de dent ! On traitait Les maux de dents des enfants en leur faisant ingérer des souris écorchés et cuites. Incroyable non, cette idée ? et pourtant, ce remède improbable sera plus tard adopté par les Grecs, les Romains, les Arabes et les Coptes.

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Bien qu’aucun texte n’ait été retrouvé mentionnant l’utilisation et l’implantation de prothèses dentaires à cette époque en Egypte, il fut retrouvé en 1948, dans une tombe du III siècle avant J.-C., un bridge composé de trois dents mandibulaires reliées par un fil d’or. Dans la bouche de certaines momies, de fausses dents en bois de sycomore ont été décrites, reliées et maintenues par des crochets en or, mais rien ne prouve que ce fut fait du vivant de la personne.

Cascellius, (51-96), vendait de l’urine espagnole, provenant de Barcelone ou de Tarragone, conservée dans des vases d’albâtre, qui avait la propriété de blanchir les dents.
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Le mythe du vers va peu à peu disparaître et Hippocrate, le premier, établit la notion de causalité naturelle. Il propose pour soins : cautérisation des dents cariées et extraction des dents branlantes.

Grâce à cette influence grecque, la médecine romaine devient technique et on voit apparaître prothèses (étrusques) et soins (hygiène et action pour arrêter le processus des caries).

On faisait usage de cure-dents. Ceux-ci pouvaient être en arête de poisson, en os, ou en argent.
On essayait d’avoir une haleine fraîche en mettant sous la langue une feuille myrrhe, on mâchait de la verveine, et on se rinçait la bouche avec du vin additionné de roses sèches. Cependant, on recommandait toujours de se rincer la bouche avec de l’urine (d’Espagne !) chaque matin. On utilisait des dentifrices faits de cendres de corne de bœuf, de tête de loup (?), de souris ou de corne de cerf.
On bouchait les dents cariées et soignées à l’aide d’une pâte faite d’ardoise pilée, de plomb, de laine et d’or. On arrivait à remplacer des dents par d’autres sculptées dans l’ivoire ou dans l’os, et maintenues par des rubans d’or fin.
On se doute bien que ces traitements « de luxe » devaient être réservés à une élite.

968_001Celse, médecin d’Auguste livre des recettes pharmacologiques et chirurgicales (ébranlement des dents, obturation temporaire à l’ardoise pilée, au plomb et au textile). Il décrit de nombreux instruments : Tige rougie au fer (cautère), Sonde (stylet), Forceps, prototype des daviers, Rhizagre, prototype des élévateurs pour extraire les dents et les racines, Pince, prototype de la précelle.

C’est là, vers la moitié du premier siècle, que Scribonius Largus propose plusieurs formules de dentifrice et leur donne le nom de personnes connues de l’époque. Ainsi, pour le dentifrice nommé « Messaline » composé de roses séchées au soleil et de verre blanc pilé, il écrit : Messaline « est un dentifrice qui rend les dents blanches et qu’utilise Messaline, femme de notre divin César » (tous les empereurs étaient nommés Césars).

Voici ce que préconisait Pline l’ancien vers l’an 75 pour soulager (ou plutôt déplacer vers d’autres régions) le mal de mâchoires : le souffrant devait déterrer une plante, en frotter 3 fois sa gencive, cracher en rejetant ainsi une partie de la douleur. La plante était ensuite replantée et avec elle le reste de la douleur transmise à la terre.

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Pour terminer, Galien, 131- 201, ayant étudié la médecine, va le premier parler des nerfs et des vaisseaux des dents. Il précise le nombre et le type de dents, la morphologie des racines, et la venue tardive des troisièmes molaires. Il considère les dents comme des os. Et il fait les obturation de dent à l’aide d’excréments de souris ou de foie de lézard qu’il recouvre de cire…

Voilà, j’ai été un peu longue, je sais, mais la période l’Antiquité l’est aussi…

J’espère que vous avez aimé. La prochaine fois, je vous parlerais de l’histoire des soins dentaires au moyen âge.

A très bientôt, bien amicalement,

Liliane CALISTE.                  photofunky

Sources : http://www.biusante.parisdescartes.fr/sfhad/vol5/art02/corps.htm
http://www.editionsluigicastelli.com/editionsluigicastelli/index.php?sp=page&c=11673
http://tpe-chaptal-stru.e-monsite.com/pages/page-1.html
http://www.homeoint.org/seror/odonto/lalanneart.htm
http://unsof.cerimes.fr/media/ressources-unsof/media/cours-montpellier/sante-publique/histoire-odontologie.pdf
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